Historique de LSR 33

La présentation que je vais vous faire tient compte des démarches construites au fur et à mesure des congrès UCR-CGT (Union Confédérale des Retraités) et des assemblées générales de LSR. Les originalités de LSR (Loisirs et Solidarité des Retraités) découlent de sa genèse : c’est une création de la CGT, elle est imprégnée de sa culture. Elle est indépendante mais cependant pas neutre.

  1. 1.       Historique de sa construction : une création syndicale

C’est à la quatrième conférence de l’UCR en avril 1979, dont le mot d’ordre était : « la retraite une vie nouvelle » qu’émerge l’idée de créer une association de loisirs.

L’allongement de la durée de la vie, les progrès en matière de santé, les luttes pour l’abaissement de l’âge de la retraite ouvraient des espaces de vie importants après le travail.

Dans les conclusions de cette conférence, il était dit : «  le mouvement syndical ne saurait limiter son action à la défense des revendications. Il a à se préoccuper de tous les problèmes sociaux dont dépendent les conditions d’existence des retraités. » La dimension de loisirs est posée en terme d’exigence et de revendication.

Après des hésitations, des débats, la rédaction des statuts est formalisée et ils sont déposés après 2 ans à la Préfecture.

LSR, association loi 1901 est reconnue au Journal Officiel du 31 août 1981. La même année, la gauche arrive au pouvoir, un ministère du temps libre est créé et le droit à la retraite à 60 ans va se concrétiser en 1982.

En créant LSR, le 18 août 1981, l’UCR a voulu prendre sa place dans cette grande bataille qu’est l’organisation de loisirs des retraités, en leur permettant une fois sortis de l’activité professionnelle, de vivre une vie nouvelle par des activités culturelles et de loisirs et assurer diverses actions de solidarité sans empiéter sur l’activité revendicative traditionnelle.

La création de LSR et son développement ont provoqué de nombreux débats pour qu’elle trouve sa place d’association. Tout n’est pas réglé, des réticences perdurent quant à son autonomie et dans quelques endroits le conservatisme bloque l’esprit d’ouverture. Ceci s’explique par l’histoire.

Quelques rappels :

  • Mars 1982, dans ses statuts, le congrès de l’USR-CGT indique que ses adhérents sont de droit membres de LSR ; la cotisation à l’UCR intègre une quote-part pour le fonctionnement de LSR. Adhérent à la CGT et LSR ne faisait qu’un.

Plusieurs années d’existence, d’expérience, de travail et de résultats ont permis de clarifier et de préciser le rôle de chacun.

LSR n’est pas un syndicat bis, elle n’a pas à se substituer à l’organisation syndicale. LSR a conquis sa reconnaissante par ses propres évolutions, son activité, son développement et son bilan.

  • Mars 1985, à l’Assemblée générale de Valence, LSR devient une fédération d’associations, regroupant les associations locales et/ ou départementales qui commencent à voir le jour. Elles déposent  leurs propres statuts loi 1901 et s’installent dans la proximité pour rassembler et construire des activités.

Ce système évoluera à partir des années 1990, pour « d’une part se mettre en conformité avec la loi 1901, récusant la notion d’adhérent de droit, et d’autre part la quote-part va être transformée en subvention »

 

  • Mars 1996, au 5ème congrès de l’UCR, LSR est confortée et ses missions précisées dans ses statuts :

« Pour répondre aux besoins culturels des loisirs et solidarité des retraités, l’UCR-CGT a créé la fédération LSR et concourt au financement de son fonctionnement.

LSR réalise son activité en tant qu’association loi 1901, l’UCR-CGT recommande à ses syndiqués d’adhérer volontairement à LSR tel que le précises le statut des associations. »

LSR y gagne des moyens financiers et un fonctionnement démocratique et autonome favorisant l’ouverture qui devient l’essentiel.

  • Avril 1996, la 4ème AG de la Fédération LSR constitue un véritable tournant, l’indépendance réelle est acquise, son champ de recrutement est élargi, tout le monde peut adhérer à la LSR, la seule condition : être retraité(e). La conception de l’indépendance acquise ne veut pas dire rupture avec les valeurs portées par le syndicat qui l’a créée.
  • Mai 1999, la 5ème AG de Super-Besse valorise un bilan et de solides fondations. On rappelle que LSR n’est pas une association neutre, elle est engagée dans la lutte pour la reconnaissance du droit aux loisirs des retraités. LSR veut marquer son identité particulière, liée aux valeurs qu’elle porte, elle est ouverte avec ses différences à la coopération avec d’autres associations, aux retraités syndiqués ou pas.
  • Octobre 2002, la 6ème AG de Ramatuelle adopte le projet associatif, ouvert sur les évolutions du monde retraité sur le progrès social et la solidarité. Il s’appuie sur les valeurs fondatrices de LSR : progrès social, dignité, démarche solidaire active et permanente. Ce projet veut aussi marquer sa différence parmi les autres associations, il contribue à la reconnaissance de la fédération comme acteur incontournable du mouvement associatif et du tourisme social.
  • Octobre 2005, la 7ème AG de Najac « s’ouvrir au monde qui nous entoure » donnera le ton de ce qu’il faut faire bouger dans nos conceptions. Il n’est pas si facile de bousculer ses habitudes, de se confronter aux autres. Pourtant la loi 1901 donnant naissance au droit d’association est une spécificité française qu’il nous appartient de faire fructifier. Rappelons que 60% des plus de 60 ans sont membres d’une association. Bien sûr, toutes les associations ne partagent pas nos valeurs mais elles peuvent offrir des points de rencontre ponctuels et durables qui sont autant d’occasions de s’enrichir réciproquement en gardant son identité. Enfin « s’ouvrir au monde qui nous entoure » c’est s’ouvrir à une autre conception de la mondialisation en matière de tourisme qui repose sur des valeurs de partage et de solidarité. Dans ce sens plusieurs voyages ont eu lieu en Algérie : rencontre avec les habitants, les syndicalistes.
  • Septembre 2008, à la 8ème AG de La Napoule le constat est fait de la potentialité dont nous disposons pour le déploiement de nos activités de loisirs, de culture, dans une dimension plus solidaire, pour des retraités de plus en plus nombreux. Profiter du temps libéré pour s’épanouir est un droit. LSR le porte comme tel. Cette AG a surtout constitué « un changement de braquet » pour lancer plus de solidarité au niveau national et dans nos associations. Depuis cette AG plus de solidarité s’est traduit :
    • Au niveau national  par « l’initiative du retour de 263 mineurs au château de La Napoule » et l’organisation des séjours BSV de plus en plus nombreux.
    • Dans les régions : le rassemblement d’Annonay, l’initiative de la « journée culture solidaire » à Lyon, le concert dans la cathédrale de Chartres.
    • Septembre 2011, la 9ème AG à Ramatuelle avec pour mot d’ordre : « être mieux encore avec nos adhérents, un outil de lien social » ou la décision d’une semaine au Mont-Dore en mai 2013. Organisation d’une semaine solidaire au Mont-Dore en mai 2013 « activités culturelles, sportives et solidaire » avec la participation de la FSGT.
    • Signature du partenariat avec la FSGT (Fédération Gymnique et Sportive du Travail) en septembre 2012. En 2012, organisation de 12 séjours BSV

 

  1. Une association loi 1901

Comme cela apparait dans l’historique LSR est une création syndicale, elle est depuis 1982 une association dans le cadre de la « Loi 1901 ».

Cette conception est le résultat d’un choix.

Une fois constitués, les statuts déposés à la Préfecture, l’association réalise une œuvre d’intérêt général, à but non lucratif. Son indépendance est garantie par son mode de fonctionnement : l’assemblée générale est souveraine dans un cadre clairement défini, admis et respecté de tous.

L’association LSR ne fonctionne pas comme un club de 3ème âge, elle vit selon un mode démocratique, ce qui est l’une des clés de son succès.

Elle adhère à la Fédération Nationale LSR créée en 1985.

Les activités se construisent au travers de la double structure : l’association locale et la fédération.

L’association locale travaille à la concrétisation des activités choisies, elle fait preuve de créativité, de diversité, pour répondre aux besoins de tous les retraités dans la proximité, la solidarité et la convivialité. Elle est un lieu de partage, mais aussi un lieu de brassage de parcours professionnels, sociologique ou culturels, ce qui permet au groupe de s’enrichir mutuellement de ces différences.

Elle propose des activités enrichissantes avec un contenu en opposition aux activités de consommation.

Il faut faire en sorte que la dignité et l’égalité soient respectées pour ne laisser personne au bord du chemin.

L’association doit se faire connaître et reconnaître en saisissant toutes les opportunités pour rencontrer les retraités et d’autres partenaires. Elle ne doit pas hésiter à faire des demandes de subventions.

 

  1. Développer une politique de cadre ambitieuse

Animer et impulser, c’est la tâche première du Conseil d’Administration qui repose sur le volontariat.

Les responsabilités dans les associations comme à la fédération ont besoin d’être déterminées et réparties entre les différents membres de l’association.

Nous avons à veiller à une politique de renouvellement permanent de nos dirigeants dans les postes de responsabilité. En effet, l’ancienneté dans les responsabilités rend parfois difficiles les évolutions et il arrive un moment où le remplacement peut devenir un vrai problème.

L’animation doit être la plus collective possible, chaque activité devrait reposer sur plusieurs responsables ;

La réflexion collective sur ces questions fondamentales est indispensable pour prendre en compte les évolutions du monde retraité

 

En conclusion :

 

Par ses objectifs et ses actions, LSR répond bien à ce qui est dit dans l’article 140 de la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions en 1998 : « l’égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs constitue un objectif national. Il permet de garantir l’exercice effectif de la citoyenneté. »

 

Nous nous devons d’être LSR de tous par une représentation équilibrée des différentes tranches d’âge, de parité, de sensibilité, de centre d’intérêt et surtout de rajeunissement en ayant le souci d’une démarche de responsabilité, de démocratie et de travail collectif.

 

Nous devons rester attentifs, car dans le contexte actuel avec l’aggravation des inégalités et des injustices qui produit une plus grande pauvreté et précarité, le monde associatif a été remis en cause par une circulaire signée par l’ancien premier ministre qui affirme que « la majorité des activités des associations peut être considérée comme des activités économiques ». En fait, elles pourraient se voir soumise « au droit commun de la concurrence libre et non faussée » et du même coup privées de subventions.

                                                                                                              Rédigé par Michel SOUBIRAN

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Date de dernière mise à jour : 06/02/2015

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